La Quatrième Conférence mondiale de l’ONU sur les femmes (la « Conférence de Beijing »), tenue à Beijing, en Chine, du 4 au 15 septembre 1995, s’est avérée la plus vaste et la plus influente de toutes les conférences mondiales jamais organisées sur la condition féminine. Près de 180 délégations gouvernementales et 2.500 ONG s’y rencontrèrent pour parler d’un large éventail de questions relatives aux femmes. S’inspirant, jusqu’à le transcender, du langage adopté aux conférences internationales précédentes, y compris celle de 1994 sur la population et le développement, la Conférence de Beijing marqua un tournant dans la perception mondiale des droits fondamentaux des femmes.

L’IWHC y joignit ses efforts à ceux de la nouvelle alliance féministe HERA, pour la défense et le renforcement des accords gagnés à la CIPD en 1994, concernant, tout particulièrement, les questions de santé sexuelle et génésique, les droits génésiques, les droits sexuels, et les droits des adolescents à l’information et à des services pertinents. En dépit d’une opposition conservatrice soutenue, l’accord final de la conférence réaffirma pleinement et étendit même les principes fondamentaux du Programme d’action de la CIPD, droits sexuels compris.

Quatrième Conférence mondiale sur les femmes + 5 (New York, 2000)

Une session d’évaluation, cinq ans après, des objectifs de la Quatrième Conférence mondiale sur les femmes (Beijing + 5) s’est tenue au siège de l’ONU, à New York, du 5 au 9 juin 2000. Les militantes et activistes féministes de plus de 1.000 ONG y ont rencontré les délégués gouvernementaux de 148 pays afin d’évaluer les progrès accomplis depuis la conférence mondiale de 1995 et d’adopter les nouvelles mesures nécessaires à l’exécution accélérée de la Déclaration de Beijing et du Programme d’action.

L’IWHC et le réseau féministe international HERA y ont organisé une vaste coalition d’ONG progressistes sensibles à la défense de la santé et des droits des femmes (Coalition for Health and Rights), favorisant ainsi, par leurs rencontres journalières, les échanges d’information et la coordination des stratégies de pression et d’approche médiatique. Les activités du groupe, combinées à celles de nombreux délégués progressistes, ont assuré la protection des accords originaux de Beijing sur la santé et les droits des femmes, favorisant même l’adoption de nouvelles mesures progressistes, concernant notamment l’accès des adolescentes aux services, la mortalité liée à la maternité, et la violence à l’encontre des femmes.