Organisée sous les auspices de l’ONU, la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD, dite Conférence du Caire) rassembla au Caire, en Égypte, du 5 au 13 septembre 1994, les délégués de 179 gouvernements et 1.254 ONG.

L’IWHC y avait reconnu une rare occasion d’assertion publique des puissance et capacité grandissantes du mouvement international pour la santé des femmes. La conférence offrait aux organisations féministes une chance de marquer leur entrée sur la scène mondiale, et de forger les valeurs, la forme et l’orientation des politiques démographiques du XXIe siècle. Avec ses collègues brésiliennes de CEPIA (Cidadania Estudo, Pesquisa, Informação e Ação), l’IWHC mit sur pied une conférence internationale de préparation à l’CIPD. Les 215 participantes à la conférence préparatoire de Rio produisirent une déclaration de 21 points destinée à assurer la prise en compte des perspectives et du vécu des femmes dans les négociations et les résolutions de la CIPD. Toute l’année durant, l’IWHC continua de faciliter la participation d’activistes pour la santé génésique des femmes, moyennant le financement de la présence de 85 collègues à une session préparatoire organisée au siège de l’ONU à New York puis à la CIPD même.

Le Programme d’action, adopté par les 179 gouvernements participants, marqua un nouveau degré d’entente entre les organismes du monde, établissant le lien inextricable entre population et développement, et reconnaissant la promotion des femmes comme clé d’accès aux deux. Pour la première fois, la santé et les droits génésiques et sexuels des femmes se posaient en élément central d’un accord international sur la population et le développement.

Conférence internationale sur la population et le développement + 5 (New York, 1999)

Une session d’évaluation, cinq ans plus tard, de l’application du Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD + 5) a été organisée au siège de l’ONU, à New York, du 30 juin au 2 juillet 1999. Les délégations y ont identifié les mesures clés nécessaires à l’exécution accélérée du Programme d’action de la CIPD et les nouveaux jalons de mesure des progrès réalisés vers les objectifs de la conférence de 1994.

Dans un effort de coordination de la stratégie de pression des organisations non gouvernementales (ONG) progressistes, le réseau féministe international HERA a rassemblé 81 ONG de défense de la santé des femmes au sein de la Women’s Coalition for the International Conference on Population and Development (ICPD). Se réunissant chaque matin pour l’échange d’information, la coordination de ses stratégies de pression et d’approche médiatique et la production de matériel de défense, la coalition a obtenu, grâce à son effort concerté et à celui des délégations nationales favorables à sa cause, l’adoption de cibles et jalons concrets pour l’exécution accélérée du Programme d’action de la CIPD en matière d’offre de services de santé génésique, d’accès à une vaste gamme de méthodes contraceptives et aux soins obstétriques essentiels de prestataires compétents, et de prévention des MST, VIH et sida compris, parmi les jeunes. Mieux encore, les gouvernements se sont engagés à fournir aux prestataires de santé les formations et équipements aptes à éliminer les risques de l’avortement légal et à en assurer l’accessibilité.